Avis aux anti-écolo : 2 Conférences à l’IRD

Avis aux sceptiques de l’environnement et autres obscurantistes sois-disant autoproclamés « combattants de la pensée unique », voici deux conférences que nous a préparé l’IRD pour élever un peu le débat sur les question d’environnement, d’écologie et de développement durable.

Non, il ne s’agit pas d’une réunion d’écolos-bobo venus déverser leur pathos sur la place publique et proclamer la fin du monde autour d’un verre de thé bio ! Rassurez-vous messieurs !

Là on va parler des faits, et je dirait même plus des faits scientifiques, concernant les menaces actuelles qui pèsent sur nos sociétés du fait de la dégradation de notre environnement.

Messieurs les critiques, messieurs les incrédules, voici une occasion rêvée pour vous de venir exposer en direct vos arguments « ecolo-sceptiques » aux scientifiques spécialistes de ces questions. Des moments d’échanges avec le public sont prévus, et vous aurez donc réponses à toutes vos questions, et n’hésitez pas à toutes les poser, même celles « qui fâchent », le débat n’en sera que plus riche.

Je ne doute pas que vous ressortirez de ces séances un peu plus éclairés, voire même moins-cons,  et moins prompts à nous « chier dans les bottes » (oups pardon) à les nouzautes les pauvres ouvriers d’un futur plus vivable pour les générations futures.

Donc au programme :

16 juin : Quelle terre allons nous laisser à nos enfants ? : Conférence  à 18 h, à l’auditorium de l’IRD, Anse Vata

15 juin : Expédition Santo, les enseignements de cette aventure en quête de biodiversité réalisée au vanuatu en 2006.   Conférence à 18 h, à l’auditorium de l’IRD, Anse Vata

Je vous conseille surtout celle du 16 juin dont voici les détails :

  • Quelle Terre allons-nous laisser à nos enfants ?

Conférence le jeudi 16 juin 2011, à 18 h, à l’auditorium de l’IRD, Anse Vata

Gilles Boeuf, Laboratoire Arago, Banyuls-sur-mer,
Professeur à l’Université Pierre & Marie Curie, Paris
Président du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), Paris

La biodiversité est très menacée aujourd’hui pour quatre grandes raisons :

1) la destruction et la contamination des milieux naturels ;
2) la prédation en excès et la surexploitation des ressources naturelles ;
3) les introductions anarchiques d’espèces de milieux à d’autres ;
4) le réchauffement climatique, dans lequel l’humain a bien sa part.

Après la conquête du feu (700 000 ans), le développement de l’agriculture et de l’élevage, la fin du nomadisme au Néolithique (12 000 ans), puis plus tard l’invention de la machine à vapeur (fin XVIIIème) et le développement industriel qui nécessiteront charbon et pétrole, l’humain a très rapidement été de plus en plus impactant sur les milieux naturels et les a transformés.

Aujourd’hui, nous ne faisons que prolonger et accélérer ce mouvement, amplifié par une expansion démographique sans précédent. En trois-quatre siècles, l’humanité aura épuisé la totalité des ressources combustibles fossiles accumulées durant des centaines de millions d’années et les prévisions de fin de ressources finies sont de plus en plus précises. Les espèces vivantes disparaissent de la planète à un rythme 100 à 500 fois plus rapide que le taux « naturel » d’extinction attendu ! Cinq crises d’extinction massive ont eu lieu depuis 570 millions d’années.

La sixième grande crise, cette fois-ci générée par une espèce, l’Humain, est-elle en cours ? Quelles sont les menaces qui s’accumulent et pourquoi faut-il impérativement enrayer cette érosion de la diversité biologique ? Les Nations Unies avaient fixé l’année 2010 pour l’arrêt de cette érosion et nous avons échoué : alors, pourquoi réussirions-nous mieux entre 2010 et 2020 ? Projet réaliste ou rêve insensé ? Quelles sont les limites d’adaptabilité des écosystèmes et de l’Humain lui-même ?

  • Retour sur l’expédition Santo 2006

Conférence le mercredi 15 juin 2011, à 18 h, à l’auditorium de l’IRD, Anse Vata

Cinq ans après la mission d’inventaire de la biodiversité sur l’île d’Espiritu Santo, le Muséum national d’Histoire naturelle, Pro-Natura International et l’IRD proposent une restitution de cette aventure scientifique et humaine.

La projection d’un film documentaire de la série « Les aventuriers de l’île planète » (52 minutes) sera suivie d’un débat avec plusieurs scientifiques :

–        Philippe Bouchet, responsable des grandes expéditions du MNHN Paris ;
–        Claude Payri, biologiste marin à l’IRD Nouméa ;
–        Jérôme Munzinger, botaniste à l’IRD Nouméa ;
–        Hervé Jourdan, entomologiste à l’IRD Nouméa.

Espiritu Santo

Les îles du Pacifique sont célèbres pour le très haut niveau d’endémisme et la grande vulnérabilité de leurs faunes et de leurs flores. L’île d’Espiritu Santo est la plus grande et la plus haute de l’archipel du Vanuatu. Elle renferme un extraordinaire microcosme géographique et culturel, et une occupation humaine qui remonte à 3 000 ans.

Santo avait ainsi « un peu de tout » à offrir à des naturalistes curieux de découvertes : des récifs coralliens, des grottes, des montagnes, des forêts, des rivières, mais aussi des jardins, des forêts exploitées et une pression immobilière croissante sur les côtes, soit un condensé de milieux naturels et anthropisés tels que l’on peut en rencontrer sur les grandes îles hautes de Mélanésie. Compte tenu de sa superficie, de son relief et de son âge géologique, Santo était manifestement sous-explorée.

L’expédition Santo 2006

A l’initiative du MNHN, de l’IRD et de Pro-Natura International, renouant avec l’esprit des « Grandes Expéditions Naturalistes », l’expédition Santo 2006 avait mobilisé sur le terrain, d’août à décembre 2006, plus de 150 scientifiques, bénévoles et étudiants de 25 pays, et près de 100 personnels de soutien et accompagnateurs des médias et de l’enseignement.

Tous les milieux, depuis les grands fonds marins au large de l’île jusqu’au sommet des montagnes ont été inventoriés. Il importait aussi que l’état des lieux dressés en 2006 puisse servir de référence pour le suivi à moyen et à long terme de l’évolution des faunes et flores de ces îles, au XXIe siècle et au-delà. Une attention particulière a donc été portée aux espèces introduites et invasives. Des échantillons de tissus biologiques, des enregistrements de sons et des photos numériques des organismes vivants ont complété les prélèvements d’organismes complets géoréférencés, alimentant une nouvelle génération de collections sur lesquelles s’appuient les programmes de recherche et de description de la biodiversité.

L’après-expédition

Au total, l’expédition a répertorié de l’ordre de 400 espèces de phanérogames (arbres et plantes à fleurs), 350 espèces de champignons et 10 000 espèces d’animaux, essentiellement des insectes, des crustacés et des mollusques. Avec 16 kilomètres de galeries nouvellement explorées et topographiées, Santo 2006 aura pratiquement multiplié par 10 le réseau souterrain connu de Santo. De nouveaux sites archéologiques ont ainsi été découverts.

Des centaines d’espèces nouvelles – les directeurs de l’expédition avancent, avec prudence, le chiffre de 1 000 à 2 000 – ont sans doute été collectées. Cependant l’étude scientifique des échantillons collectés au cours d’une expédition relève d’un long processus comparatif qui s’appuie à son tour sur un réseau international de spécialistes. Bien souvent, c’est seulement 3, 5 ou 20 ans après la collecte d’un échantillon, que les spécialistes sont en mesure de dire : « Cette espèce est nouvelle ! ».

La valorisation scientifique d’une expédition comme Santo 2006 n’est donc jamais terminée. C’est précisément un des rôles des Muséums d’archiver de telles collections de recherche pour les générations futures.

Parution du livre « Natural History of Santo »

Coordonné par Philippe Bouchet (Muséum national d’Histoire naturelle), Hervé Le Guyader (Université Pierre et Marie Curie) et Olivier Pascal (Pro-Natura International), co-directeurs de l’expédition Santo 2006, The Natural History of Santo est un éloge de la biodiversité de cette île du Pacifique.

Pas moins de 104 auteurs et co-auteurs emmènent le lecteur à la découverte de la géographie de cette « île-planète » : ses habitats et ses peuplements, sa faune et sa flore et les relations entre l’homme et la nature. A la fois richement illustré et bilan des connaissances scientifiques, The Natural History of Santo se veut un outil de connaissances pour sa conservation durable. Comme le souligne le Premier ministre du Vanuatu dans sa préface, l’ouvrage s’adresse autant aux acteurs locaux du développement et de l’éducation qu’aux naturalistes du monde entier.

Contacts :         Isabelle PERIN ou Mina VILAYLECK – Tél : 26 07 99

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3 commentaires pour Avis aux anti-écolo : 2 Conférences à l’IRD

  1. C’est bien d’écrire, d’écrire mais il y a un moment où il va falloir -concrètement- agir … le Temps Presse.
    Ecolo jamais pris le Pouvoir (Démocratique) … pourquoi ?.

    • TRÈS bonne question ! Merci de l’avoir posée. C’est LA question principale : A quand un parti Ecolo au pouvoir ? Si ce n’est pas arrivé jusqu’à présent, c’est que les mentalités sont dures à changer. Il a fallu que l’écologie politique fasse son chemin au milieu des partis traditionnels, et qu’elle démontre enfin que le projet Ecologique de société permet d’adresser une réponse aux principaux défis sociaux et économiques et bien sûr environnementaux auxquels nous devons faire face. Les partis traditionnels ont montré leur incapacité à réagir de manière suffisamment efficace aux changement de nos sociétés, de nos cultures et de notre planète.
      Pour qu’un parti écolo arrive au pouvoir, il faut aussi des leader à la hauteur, disponible et avec des moyens.

      • Bref.. çà prend du temps…
        Perso pour faire plus et entrer en politique, il me faudrait de la disponibilité, la vie de famille, les budgets serrés, çà aide pas à entrer en campagne. Parce qu’en Calédonie, pour fonder un nouveau parti, et qui plus est en écologie, il faut partir de zéro, et dans un contexte globalement peu favorable. Bref, il faut créer une véritable organisation à partir de rien, et c’est un boulot gigantesque.
        Si on me paye 400 000 mille balles par mois pour un emploi fictif comme Pidjot à la province chez son pote Pétélo ( selon le chien bleu ), alors dans ces conditions moi aussi je pourrai rentrer en politique c’est trop facile comme çà : çà laisse du temps pour préparer les meetings et en plus t’as les voyages payés, c’est trop fort leurs magouilles.
        En attendant je dois vivre, et le blog çà me permet déjà un peu de participer au débat.
        Et puis « Le peu qu’on peut faire, le très peu qu’on peut faire, il faut le faire ». disait Théodore Monod

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