Quinze ans pour changer la Nouvelle Calédonie : s’effondrer ou s’adapter (Episode 3)

Le cours du pétrole poursuit sa hausse, et la valeur symbolique de 100$ le baril devrait être dépassée très prochainement, bien plus tôt que ce qu’avaient prévu les experts.  On a vu dans l’épisode 1, qu’il y a une prise de conscience des pouvoirs publics calédoniens concernant le risque de difficultés en approvisionnement énergétique du territoire, mais que l’action est encore très insuffisante, et parfois même contradictoire avec ce constat, notamment par l’abandon en cours du secteur des énergies renouvelables. Ensuite on a eu un aperçu dans l’épisode 2 de quelques conséquences possibles concernant l’impact de cette crise à venir concernant la vie quotidienne des calédoniens et l’économie du territoire, qui est rappelons-le encore dépendant aujourd’hui à plus de 96% de l’extérieur dans ce domaine.

C’est un défi majeur pour le développement de notre caillou, et il faut prévoir ces mutations pour pouvoir y faire face, la nature des changements à réaliser est telle qu’ils ne peuvent s’improviser à la dernière minute, les 15 années qui viennent devront permettre une transformation en profondeur du fonctionnement de notre économie, plus particulièrement dans le secteur de l’énergie et des transports, pour que l’on ne connaisse pas une situation de crise et de blocage complet de notre système.

Pour le moment c’est clair : nous ne sommes pas prêts, et le temps passe vite. Alors comment s’y prendre ? Par quoi commencer ? Qu’est ce qui est réaliste et qu’est-ce qui ne l’est pas dans notre situation actuelle ? On va tenter dans cet épisode de tracer un panorama des principales mesures qui pourraient/devraient être engagées dès aujourd’hui pour nous sortir du piège que nous nous sommes nous-mêmes tendu, celui d’une addiction  difficile à quitter.

Industrie minière : une crise de la demande probable, un secteur d’activité non-durable pour la Calédonie.

A ce niveau le schéma de mise en valeur des ressources minières, ne peut pas être plus explicite :

« Une industrie très énergivore, dans un contexte de forte dépendance énergétique. [..]Les besoins importants de la métallurgie, plus gros consommateur d’énergie en Nouvelle-Calédonie. […] Une production essentiellement thermique, pour une sécurité d’approvisionnement. […] Un bilan des émissions carbonées peu exemplaire »

Et cela se poursuit avec :

« Un développement industriel fragile, appuyé principalement sur les revenus du nickel […] La vulnérabilité des petits mineurs aux fluctuations des cours du nickel […] Un contexte économique extrêmement favorable mais non durable ne participant pas au développement des générations futures […] Peu de diversification des filières industrielles de la Nouvelle-Calédonie à partir des retombées économiques du secteur du nickel »

Ce constat, est encore renforcé dans le schéma d’aménagement et de développement 2025 qui dit assez clairement le risque et les solutions possibles :

« Et pourtant, bien que ces risques soient régulièrement évoqués, aucune réelle diversification ayant une dimension internationale n’a été recherchée pour faire face à ces chocs éventuels. A défaut, il aurait pu être imaginé la création d’un fonds, dans l’esprit des fonds souverains qui existent ailleurs, abondé par les revenus du nickel ou d’autres sources pour pallier à l’aspect cyclique de l’économie du nickel et pour contribuer à la création d’autres filières. »

Et pourtant malgré tout cela certains de nos « leaders » politiques atteints de myopie/sénilité/sarkosite continuent de scander que « L’industrie minière et métallurgique du nickel restera quoi qu’il arrive notre principale ressource. Le nickel est l’épine dorsale de notre économie ! ». Navrant constat d’une classe politique archaïque, qui nous propose les recettes du 20ème siècle pour régler les problèmes du 21ème…

Alors on attend quoi pour passer à l’action ?

Ce secteur repose presque à 100% sur le charbon et le fioul, ressources qui constituent une part importante des charges d’exploitation des usines.  Faites flamber les prix du pétrole et vous aurez deux effets convergeant dévastateurs pour l’économie de cette filière : une crise de la demande mondiale (comme observé en 2008) pour cause de ralentissement économique, avec en simultané un renchérissement des coûts d’exploitation. Ainsi quelques dollars de plus sur le baril peuvent amener rapidement Vale, la SLN ou KNS  à réduire leurs activités avec tous les effets induits sur la société calédonienne : licenciements, baisse des recettes fiscales… avec des conséquences aggravées pour les calédoniens puisqu’au même moment on assistera très logiquement à une augmentation rapide du coût de la vie (renchérissement des autres produits importés et inflation mécanique des prix). Soumettre entièrement notre système à cette volatilité des prix est néfaste, demandez aux rouleurs sur mine ce qu’ils en pensent…

De manière générale comme abordé dans l’épisode 2, notre système devra procéder à une mutation en profondeur et cela dans tous les secteurs : transports, énergie, agriculture, services etc…  Pour aller vite on peut lister les mesures qu’il serait urgent d’étudier, en résumé :

1) Ne pas faire de cadeaux aux industriels du secteur Nickel : l’argent public n’a pas à accompagner un secteur d’activité non-durable, énergivore et dangereux pour la stabilité du territoire, les concessions minières et les terres ne doivent pas être bradées, l’évitement et la réparation des dégâts environnementaux doivent être assumés par les industriels et non par les citoyens d’aujourd’hui et les générations futures. Exemple parmi d’autre : empêcher la SLN de bénéficier d’un tarif de l’électricité honteusement favorable 2fcfp/KWh, tandis que le citoyen la paye 32 Fcfp/kWh, ce qui reviens à une logique telle que le citoyen, vous, moi, finançons la SLN !

2) Garder les recettes fiscales et bénéfices économiques tirés du Nickel pour préparer l’après-Nickel : dépenser cet argent dans la consommation et les dépenses de fonctionnement est une hérésie, chaque Fcfp du Nickel doit servir à préparer des relais de croissance pour le territoire, il doit se transformer en infrastructures structurantes de base, équipement public, réseaux, en politiques de soutien et d’incitation à l’emploi dans de nouvelles filières de production locale. L’option du « fonds pour les générations futures » telle qu’avancé par les politiques est une formule envisageable mais risquée, comme expliqué dans un article précédent, il y a peut être mieux à faire, investir dans les marchés n’est pas un option viable à moyen-long terme pour le développement d’un pays.

3) Diversifier l’économie, privilégier les filières durables : agriculture, filières courtes, industries de transformation des ressources locales, il faut multiplier les relais de croissance locaux : tendre vers un développement économique endogène, très diversifié. Pour une production cherchant avant tout à rentrer en adéquation avec la demande de consommation locale. Dans certains cas, sur certaines productions agricoles par exemple ou bien sur certains produits de transformation bien spécifiques, on pourra rechercher des débouchés à l’export, notamment à destination des pays voisins, mais cela ne pourra concerner un nombre limité de produits dont la particularité et la qualité permettra d’avoir un réel avantage compétitif dans un contexte de pétrole cher, et donc de transport cher.

Parmi les priorités, la forêt, la production de bois est l’une des activités parmi les plus intéressantes à développer dans cette perspective de développement endogène. Mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus dans ce domaine, et la gestion durable des exploitations forestières doit être au centre de cette politique. Il semble que la province Sud ait choisi d’en faire une priorité, bonne nouvelle, cependant le développement d’une politique sectorielle ultra-ponctuelle, ne fait pas forcément un projet de société cohérent. Et par ailleurs au passage, se focaliser uniquement sur l’échéance politique de 2014 est une erreur, « l’indépendance » est un faux sujet pour le développement de la Calédonie, car la dynamique est inévitable, que ce soit dans la France, hors la France, ou bien le cul entre deux chaise, la Calédonie devra de toute façon assumer son caractère insulaire autonome, son identité propre, son modèle de développement propre dans un contexte de dé-mondialisation (partielle), progressive ou brutale, dû à l’ère post-pétrole.

4) Taxer fortement ou empêcher l’importation de produits non-essentiels (superflus) : La notion de produits superflus doit faire son apparition. On sait déjà que l’économie du territoire n’est viable que si elle est administrée, il faudra aller encore plus loin dans cette régulation, afin de dynamiser la production locale, limiter les monopoles, fixer des barèmes de prix acceptables pour les familles du territoire mais aussi arrêter d’importer des produits nocifs pour notre indépendance énergétique, pour l’environnement et pour notre balance commerciale.

Les produits superflus sont ceux qui ne répondent pas directement ou indirectement à une nécessité, mais plutôt à un certain « luxe ». Ces produits importés sont source de fuites d’argent hors du territoire, de dépenses énergétiques non nécessaires et d’une pollution qui aurait pu être évitée. La profusion d’objets et de besoins « inutiles », redondants, est un archaïsme propre à la société du pétrole.

Exemple (parmi d’autres) : l’eau minérale, distribuée généralement en bouteilles, représente « un luxe » (hé oui), c’est une aberration caractéristique de la mondialisation, de l’économie de marché non régulée et de l’abus de marketing. En gros, on pourrait passer (facilement !) de manière volontaire, et indolore, d’une situation actuelle telle qui se présente comme-ci :

C’est à dire un cycle polluant (air, eau, sols), couteux en ressources naturelles et cher, alors que l’on pourrait remplacer tout çà par un geste simple à la portée d’un gamin de 4 ans :

Il est fou de voir dans les supermarchés calédoniens 15 types différents d’eaux minérales en bouteille en provenance des 4 coins du monde, c’est dramatique pour les émissions de gaz à effet de serre du territoire et c’est cher, et ce sera encore plus cher avec l’augmentation des prix du pétrole. Alors que nous produisons localement, en quantité, de l’eau minérale de très bonne qualité, et que l’eau du circuit de distribution est très bonne. Je proposerai donc de :

1) fermer purement et simplement l’importation des ces eaux minérales en bouteille et de toute boisson qui pourrait être facilement productible localement.
2) fixer un prix maximum légal de l’eau en bouteille aux producteurs.
3) favoriser l’émergence d’au moins un autre producteur/embouteilleur d’eau (car la SIEM qui distribue l’eau du Mont Dore est en situation de monopole), il faut créer une concurrence qui sera bénéfique au dynamisme de ce secteur. Et donc pourquoi pas un embouteilleur d’eau de source en province Nord ?

Sur l’exemple de l’eau, de nombreux autres produits aujourd’hui importés pourraient être interdit ou fortement surtaxés pour décourager leur usage et favoriser l’apparition de filières locales substitutives. C’est déjà le cas pour certains produits, mais il faudrait étendre ces mesures, les renforcer progressivement en parallèle du développement des filières. Tout cela sur une base volontariste très forte en prenant en compte notamment la performance environnementale des produits.  Il faudrait donc dresser une liste des produits « superflus » ou « très superflus », pour désintoxiquer le territoire de sa dépendance aux importations absurdes. Charge aux citoyens d’évoluer culturellement pour accepter ces changements qui n’auront au final, pas d’impact mesurable sur leur qualité de vie concrète. Exemple : on peut tout à fait autoriser les petits 4×4 utilitaires tout en bannissant les gros DodgeRAM, F150 ou autres Porshe Cayenne qui sont absolument inutiles, et dont l’origine du « besoin ressenti » par l’utilisateur serait à mon avis davantage à rechercher du côté d’une sorte de pulsion néandertalienne issue de cerveaux abimés, ou bien de la résultante de certains complexes mal vécus.

5) Remettre en question le transport aérien de fret et de passagers. C’est polluant, c’est cher et çà le sera encore plus demain. Le schéma des transports du territoire doit considérer un abandon progressif du transport aérien de masse. Certes, il faudra toujours que des avions et des hélicos soient disponibles pour les urgences et la sécurité (Evasan, interventions de sauvetage, sécurité publique), mais de manière générale cela deviendra de plus en plus inaccessible et couteux. Alors les politiques doivent mettre en place une qualité de service sur les transports en commun terrestres ou maritimes pour l’intérieur et les îles mais aussi dans chaque commune pour les déplacements domicile-travail. Ainsi le déclin du transport aérien pourra être programmé dans le cadre d’une politique planifiée et anticipatrice ou bien de toute manière ce changement aura lieu mais il sera subi de force, avec pertes et fracas, à cause de l’augmentation des prix du kérosène. Il faut donc préparer une politique de sobriété énergétique dans les transports. Donc c’est pour cela qu’il est important de prendre en compte cela aujourd’hui pour que les investissements soient faits correctement. Dans cette perspective on comprend bien que l’agrandissement de l’aéroport de Tontouta est une ineptie totale…

Ensuite à l’international, il faudra certainement envisager à la création de liaisons maritimes avec les pays proches, Australie, Nouvelle Zélande, Asie. Enfin pourquoi ne pas imaginer parmi les grands travaux qui donneront de l’emploi aux calédoniens, une ligne de chemin de fer Nouméa-Koné, un chantier énorme, complexe à financer, mais dont les bénéfices en termes de vitalité du territoire se feront sentir sur les générations actuelles et à venir. Aujourd’hui cette idée peut sembler incongrue ou irréaliste, mais rajoutez 200$ au baril de pétrole, avec des chaos d’approvisionnement, et l’on sera alors bien heureux d’avoir un mode de transport économique pour le fret et les personnes sur plus de 400km de voies (électriques), une véritable colonne vertébrale pour le développement de l’île et les communes de l’intérieur.

6) Arrêter de parier sur le tourisme, et les grandes infrastructures hôtelières, il faut davantage se concentrer sur l’offre d’activités touristiques et les petites structures d’hébergement. Stop à l’acharnement thérapeutique, les milliards investis en argent public dans ce secteur n’ont pas porté leurs fruits, au mieux ils ont servi à rémunérer des cabinets d’étude, des frais de représentation des élus, à défiscaliser les hôtels des copains. Il est temps de prendre acte de ce constat d’échec et de réorienter les objectifs. Le pétrole cher portera un coup fatal au tourisme, il faut maintenant proposer d’autres circuits pour d’autres publics, et surtout se concentrer sur d’autres secteurs d’activités porteurs d’avenir – eux -.

7) Renforcer la filière des énergies renouvelables. Si le pétrole deviens cher, et que le charbon le deviens aussi (surtout si on le transforme en diesel), il faudra quand même produire de l’électricité pour nos activités. Il faudra 1/ apprendre à économiser l’électricité (sobriété énergétique des bâtiments et des équipements) et 2/utiliser l’énergie du soleil, du vent, hydraulique mais aussi les autres énergies : la biomasse, la mer, la thermie.

Une fois que les usines seront éteintes, le problème du charbon sera plus ou moins réglé, le barrage de Yaté pourra fournir une grande partie de la distribution publique d’électricité. Mais il y aura besoin également pour les sites lointains d’avoir une production décentralisée, et le solaire photovoltaïque, le micro-hydraulique et l’éolien se prêtent bien à ce type de distribution. Le minimum à faire dès aujourd’hui est de maintenir active la filière de production des énergies renouvelables, de maintenir des compétences et des entreprises dans ces domaines, hors c’est plutôt l’inverse que l’on observe : les professionnels s’en vont car il n’est plus possible de financer de grands projet ni solaire ni éolien. La biomasse : recommencer la plantation de cocoteraies à grande échelle pourrait être judicieux car l’huile de coco est facilement transformable en carburant, si aujourd’hui ce n’est pas rentable cela le deviendra, et ce jour là on sera content d’avoir un potentiel de production. Une filière « Cocofuel » fonctionne déjà à Fidji et au Vanuatu ! De plus, les cocoteraies ont l’avantage de permettre la diversité des productions agricoles car il est possible de développer des cultures maraichères ou de l’élevage sous les cocotiers et ils ne nécessitent ni apport supplémentaire d’eau, ni d’engrais.

Enfin, il y a encore d’autres énergies à développer, il faut multiplier les projets pilotes, les financer, faire en sorte de développer des compétences locales dans ces domaines.

8) Lutter fortement contre les inégalités et la vie chère. Sur notre caillou, en exagérant un peu, on pourrait presque considérer que l’on se trouve dans une configuration économique à la tunisienne. Le pouvoir économique et politique est fortement concentré, quelques clans et familles disposent de la majorité des leviers du développement. En cas de crise économique ou de tension politique il y a fort à parier que certains promoteurs et grands propriétaires joueront à l’expatriation de leurs finances et biens hors du territoire. D’ailleurs le jacquot qui nous a quittés doit certainement avoir laissé derrière lui un joli patrimoine,  créé sur le dos des calédoniens, éclaté aux quatre coins du monde et qui n’a rien à envier à celui de la famille BenAli – Trabelsi ! Il faut en finir avec cette concentration indécente et malsaine du pouvoir économique et politique, cette situation est nuisible pour la capacité du caillou à s’adapter à une nouvelle configuration de société post-pétrole. Ce parasitisme des « parrains » de l’économie sur le reste de la population sera (et est déjà) également source de tensions sociales qui vont aller en grandissant. La vie chère en est le premier exemple.

Alors, non, je ne vais pas aller m’immoler devant les tas de béton des promoteurovski ou les supermarchés Lavue en guise de protestation pour marquer les esprits. Mais il faut sérieusement réviser les fondements économiques et fiscaux du territoire, pour que le revenu des citoyens s’accorde davantage à la valeur de leur travail, et que ne soit pas récompensé la seule valeur du patrimoine et la rente du compte en suisse.

Ces inégalités sont une bombe à retardement sociale, et un facteur de déstabilisation économique et politique qui ira grandissant avec les mutations de société à venir.

9) Transformer le système éducatif et culturel. Les générations à venir ne seront pas celles qui feront changer le monde ! C’est nous qui sommes la génération du changement aujourd’hui pour prendre en main ces nouveaux défis de l’indépendance aux énergies fossiles et la préservation de la biosphère, notre support de vie.  La formation professionnelle doit être adaptée aux développements des nouveaux métiers et filière locales. Le développement des compétences technique / ingénierie agricole doit être performante, renforcée et orientée dans le sens d’une agriculture autosuffisante, sans intrants, durable.

Mais l’enjeu est surtout d’apprendre aux nouvelles générations à savoir s’adapter, vivre, construire et produire dans un système qui impliquera des ressources naturelles limitées, des déplacements géographiques limités, loin de la culture de l’abondance et de l’immédiateté. La base culturelle à développer est celle d’une sobriété confortable et enthousiaste, orientée vers la satisfaction des besoins locaux par les ressources produites localement. Les valeurs du civisme, des droits mais aussi des devoirs des citoyens, doivent être transmises aux jeunes, la société actuelle commence à souffrir du manque de solidarité inter-groupes sociaux, inter-générationnelle et de la violence ordinaire, hors on aura vraiment besoin dans le futur de resserrer les liens sociaux, autour de valeur humaines, universelles, de respect, de travail, de famille et de solidarité.

Voilà donc quelques pistes, mais il y a bien d’autres domaines à investir du point de vue de l’ère du pétrole cher. Mais le plus important maintenant c’est s’engager, débattre, encore et plus encore….

Regardez autour de vous… vous ne trouverez quasiment rien qui ne soit lié au pétrole… Chercher à inventer une NOUVELLE Calédonie sans pétrole, ce n’est pas un délire utopique à l’heure actuelle mais une nécessité. Ceux qui ne le comprennent pas, ou ne veulent pas le comprendre sont plus ou moins dans la situation de ceux qui continuaient à jurer que la terre est plate quand il fut démontré qu’elle est ronde. Certains de ces « terreplatistes », conservateurs incapable d’innover, aux intérêts mesquins, sont également de ceux qui vous jurent qu’on va trouver un palliatif technologique au manque de pétrole, un relai de croissance infini, mais cette position relève plus de la croyance que de la rationalité, et c’est une position irresponsable. Car, non, nous n’avons rien pour le moment pour remplacer cette énergie encore peu chère, facile à manier, facile à extraire, à transporter et pratique à utiliser : maintenant il faut CHANGER, apprendre à s’en passer, sortir de cette logique, repenser notre consommation et notre organisation, et nous avons peu de temps, car 15 ans, c’est très peu pour adapter les mentalités, la culture et la structure de notre société à un tel chamboulement.

A mon sens le plus préoccupant à l’heure actuelle c’est surtout l’absence de débat sur ces questions aujourd’hui en Calédonie. Le silence des médias, des politiques et des citoyens est étrange, car au contraire il faut débattre de tout cela, étudier, proposer, décider et mettre en œuvre avec un volontarisme politique à la hauteur des enjeux que nous devrons affronter.

Publicités
Cet article, publié dans Le pétrole j'en raffole, le Roi Nick, Transport, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Quinze ans pour changer la Nouvelle Calédonie : s’effondrer ou s’adapter (Episode 3)

  1. Servefa dit :

    Pour débattre, il faut attirer l’attention…Pour les politiques, la crise énergétique est une élucubration d’écolos attardés…Il faudrait que ce thème soit porté au plus haut niveau, par un économiste sérieux, un vrai pisse-froid en cravate qui porte sa pleine crédibilité dans l’épaisseur de ses verres. En France, ce débat est porté aujourd’hui par le PS et les Verts (avec Yves Cochet), mais il faudrait que la majorité s’en empare pour que la discussion gagne en crédibilité ici.

    Il y a bien des rapports officiels au Royaume Uni, du Pentagone, à la Maison Blanche, de l’armée allemande, mais partout, la même dévotion pour le secret et la soustraction de cette question au débat public.

    C’est très étonnant, n’est-ce pas, cette disparition de l’espace public sur des questions aussi fondamentales ? Cela fait sûrement le jeu du poker-menteur des multinationales…

    François

  2. Je pense aussi qu’on parle ici de délais importants 10,15,20, 30 ans… Je conçois que ce sont des échelles de temps difficiles à appréhender par les citoyens et a fortiori les politiques, pour qui la perspective de réflexion se porte plutôt à court terme : +3 ans (2014) et au maximum + 14 ans (2025) pour les documents d’orientation de portée très « vague ».

    Pourtant quand je pense que de nombreux ménages s’endettent à 25 ans pour un crédit immobilier… alors qu’il est plus que probable que d’ici 20 ans le monde sera déjà bien différent, notamment vu sous l’angle du pétrole cher.

    Le but n’est pas pour décourager de s’investir durablement dans des projets… mais d’anticiper un peu pour faire les bons choix aujourd’hui.

    Comment se projeter dans le futur à 20 ans quand pour certains il s’agit de boucler les fins de mois ? La balle est dans le camps des politiques. Les citoyens eux peuvent au minimum exiger de leurs élus que des réponses soient données sur ces sujets. Ce qui n’est pas le cas pour le moment.

  3. Servefa dit :

    Sauf que la répétition de crises comme celle de 2008 c’est une réalité. Le baril qui joue de la montagne russe à 140 dollars (voire plus), c’est pour demain, ce n’est pas pour dans 10, 15 ou 20 ans… Aujourd’hui, on en comprend mal les effets sur nos économies et surtout on a l’espoir que l’ondulation redescende très vite très bas, mais ça ne sera plus le cas: comme le dit très bien cet article nous ne sommes pas dans des phénomènes uniquement spéculatifs: http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/01/24/cest-pas-la-speculation-stupide-de-margerie-pdg-de-total-video-2008/

    Quant aux politiques…je doute que certains soient même ouverts à évoquer la question du coût des énergies fossiles…cette question est bien loin et de leurs préoccupations et de leurs capacités cognitives de projection.

    F

  4. Ping : PDG de Total : « Il faut avoir le courage de dire que le prix des hydrocarbures sera durablement élevé  | «Ecolo du caillou

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s