Le Dakar est mort, vive le Dakar

Le célèbre rallye-raid s’élance ce samedi, cette course est tout un symbole, pour certains celui du rêve, des aventuriers, de l’exploit, une histoire d’hommes et de dépassement de toutes les limites. .. mêmes celles de l’obscène ?  Cette course est née en 1979, cela fait maintenant 32 ans que cette manifestation existe, ce Samedi ce seront 407 véhicules, motos, autos, camions qui prendrons le départ pour 9600km de course au travers de la Pampa argentine.

Où en est-on aujourd’hui en 2011 de l’esprit du Dakar ?

Le Dakar côté pile : héros du sable et de l’aventure

Comment expliquer autant d’années  de fascination de la population pour ce rallye?

A l’origine, la course du désert  était encore une aventure, un défi.  Les images grandioses de déserts, et cette afrique encore méconnue était exposée au plus grand nombre à la TV.  Le temps des premiers « héros » télévisés.  Des gueules ensablées, de la sueur, des drames et des victoires à l’arrachée. Bref un panorama glamour, digne des films d’aventures hollywoodiens des meilleures années. Du rêve et de l’évasion en perspective pour le quotidien des masses populaires laborieuses, et pour le fiston qui le lendemain se mettait à faire du tuning sur sa mobylette en s’imaginant un jour aux commandes d’un fameux bolide bouffant des km de sable… pourquoi pas ?

Mais au fil des ans, le circuit s’est professionnalisé. Les amateurs et les bricoleurs, comptant sur leur ressources propres et leur courage on laissé place aux écuries de constructeurs, aux véhicules sur-équipés.  C’est devenu avant tout une histoire de sous,  de contrats publicitaires, de vitrine technologique.

On a vu des équipes, appuyées par de grandes marques, disposant de plusieurs véhicules de remplacement, déplacés d’une épreuve à une autre en avions et hélicoptères spéciaux. Des camps du soir ressemblant plus à de petites villes qu’à des veillées au coin du feu, avec plus de journalistes et de caméras que de participants.

Les pilotes existent toujours, mais leur connaissance du terrain se limite à un carnet de route électronique, un gps, un copilote qui gueule des « 90 droite » « léger gauche » dans le micro. Bref, ils auraient pu traverser New-York, Pékin ou Sydney, il ne s’en seraient pas rendus compte, déconnectés de la réalité des lieux et des pays traversés.

Le Dakar côté face : agression écologique et mépris humanitaire

53 morts, dont 9 enfants, c’est aussi le bilan de 32 ans de Dakar.  C’est aussi l’indécence d’une montagne de fric qui traverse des régions ravagées, où la pauvreté sévit encore. Au paroxysme de ce choc des mentalités et des réalités, on a vécu des crises du Dakar avec la menace d’attaques terroristes… Est-ce si étonnant ? Comment ne pas susciter la haine et l’incompréhension avec cet étalage de vanités et de fric devant des populations aux valeurs souvent diamétralement opposées ?

Et c’est d’ailleurs en grande partie pour cela que cette course a été délocalisée en Amérique du sud, moins pauvre, à la mentalité plus occidentale. On peut à nouveau déchainer la puissance des bolides, griller l’argent comme le fioul, en toute tranquillité d’esprit, sans être interrompu par la misère insolente.

Le Dakar c’est aussi une hérésie écologique, critiquée de longue date, une cascade d’énergie et de pétrole perdu, et autant de gaz fossiles émis dans l’atmosphère, et pas seulement par les 400 véhicules de la course, mais aussi par toute la logistique impressionnante autour de cet évènement. C’est peut être moins que d’autres gaspillages quotidiens, mais au niveau symbolique c’est extrêmement fort.

Et on pourrait bien sûr dresser le même bilan des circuits de F1, des 24 heures du Mans et de toutes les compétitions de sports mécaniques de ce niveau. Plus un véhicule va vite, plus il va loin, plus il consomme. Qui consommera le plus en un minimum de temps ? voilà à quoi pourrait se résumer l’équation physique et chimique des sports automobiles.

Alors, « the show must go-on » , jusqu’à la fin du pétrole…  Ce type d’ évènement est un peu le symbole d’une civilisation de la combustion qui n’arrive pas à évoluer, à trouver des alternatives, à repenser ses préceptes. « On verra plus tard » se disent-ils peut être ? Inconscience ou bien cynisme coupable ? Sont-ils juste imbéciles, irresponsables ou bien sont-ils conscients de la situation et seule compte leur individualité, leur égo puéril et leur plaisir immédiat ?

Le Dakar du futur : réinventer l’aventure humaine et (eco)technologique.

Pourtant il n’y a rien d’indigne dans l’absolu à porter les valeurs du sport et de la compétition… là où les choses on dérapé c’est sur l’indifférence aux défis écologiques, l’indifférence aux hommes et aux cultures rencontrées sur le chemin. Cela ne devrait pourtant pas être incompatible… il y a là quelque chose à inventer !

Pourquoi ne pas imaginer, une course automobile qui soit la vitrine des alternatives possibles au pétrole pour les véhicules? Il faudrait que cela devienne un défi pour les constructeurs automobile de proposer des bolides et des pilotes qui s’élanceraient à toute vitesse sur les mêmes dunes, mais grâce à l’énergie du vent, du soleil ou de toute autre source renouvelable stockée dans des batteries ou autres réservoirs. Des autos ou des motos électriques qui font du 0 à 100 en 3,5 secondes et qui se déplacent sur 250km cela existe pourtant déjà.

Imposer de nouvelles règles permettrait d’étendre les limites de l’aventure technologique et humaine, en améliorant la sécurité et  de plus en essayant d’associer les populations locales des zones traversées aux bénéfices économiques liés à cet évènement !

En attendant, la honte continue, départ ce Samedi pour un nouveau spectacle obscène de la bêtise humaine…

Et sur facebook : Pour en finir avec le Paris Dakar

Et la petite chanson de Renaud, même si je ne suis pas un gran fan, çà défoule un peu…

[Répétition] :
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r’commencé son cirque
Au soleil de janvier

Vont traverser l’Afrique
Avec le pieds dans l’ phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés

Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Passe la caravane
Et les chiens n’aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y a du sang répandu

C’lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés

Comme des petits Romel
Tout de cuirs et d’acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Combien d’années encore
Ces crétins bariolés
F’ront leur terrain de sport
D’un continent entier

Combien d’années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l’ sol africain
Pour une cour de récré

Dans leurs joutes odieuses
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluos

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