L’écologie au secours de l’élevage local

Les éleveurs ont peur que leur monopole de l’Ocef sur la viande soit attaqué (cf. article des Nouvelles), la filière de l’élevage locale est déjà mal en point alors cette info casse vraiment l’ambiance dans les ranch. Mais heureusement les écolos sont là pour apporter les solutions ! Ô la vache ! mais comment est-ce possible ?

Petit rappel d’une logique écologique implacable : la production de viande est nuisible pour la planète.

C’est simple, pour faire schématique, il dans 1 kg de viande  d’élevage il y a :

  • Du pétrole (7 litres)
  • De l’eau (15 000 litres)
  • Du CO2 (la même quantité que 100 km en 4×4)

C’est dix fois plus que l’impact environnemental de la consommation de protéines végétales  de culture (légumes et fruits). En gros la production de viande c’est 18% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, un vrai désastre écologique.

Mais alors est-il impossible d’être écolo et carnivore à la fois ? Pas du tout… il vous suffit de suivre quelques règles de base pour profiter d’un bon steak saignant sans contribuer à l’épuisement des ressources de la planète et au réchauffement climatique :

1) Mangez du cerf et du cochon sauvage.

Ce sont des espèces envahissantes qui détruisent la biodiversité calédonienne. La forêt a du mal à repousser à cause d’eux, les sols se dégradent, la qualité de l’eau aussi. Donc pour sauver la nature n’hésitez pas à « péter un cerf », d’autant plus que bientôt n’importe qui pourra commercialiser la viande de gibier. La politique d’éradication qui offre 5000 Fcfp pour toute tête de cerf abattue va certainement améliorer la disponibilité du produit. En ajoutant que l’Ocef a aussi une filière cerf d’élevage, mais déjà c’est moins intéressant niveau environnemental. Enfin il faut savoir qu’il y a environ 100000 tête de bétail en Calédonie pour 200000 cerfs….

2) Vous achetez quand même de la viande d’élevage ? préférez l’origine locale !

Vous avez craqué ? le steak haché a gagné devant le plat de lentille ? Bon, alors essayez de limiter les dégâts en faisant attention à prendre de la viande locale qui a donc moins voyagé. Vous trouvez normal de consommer du bœuf qui a fait 5000 ou 20 000 km au lieu de préférer notre bœuf local de Moindou ou de Koumac élevé au grand air des alizés (ou presque). ?

3) Mangez moins de viande.

Si vous ne pouvez vous en passer, comme un accroc aux drogues dures essayez de diminuer les doses. Manger de la viande à tous les repas c’est le meilleur moyen de rencontrer votre cardiologue (ou le cercueil) plus vite que vous ne l’auriez voulu. 1 fois, ou maximum 2 fois par semaine, c’est vraiment le maximum « raisonnable ».

4) Du poisson chaque fois que possible

Très bonne source de protéines bio, le poisson local c’est vraiment ce qu’il y a de meilleur. Il y a plein d’espèces différentes. Pour ne pas épuiser les ressources du lagon privilégiez d’abord les espèces pélagiques (Tazar, Thon, Marlin, Carangues…) ou les espèces très communes (Mulets, péroquets etc..) et en dernier les espèces fragiles (Loches etc..). Et surtout pas les espèces protégées bien sûr (Napoléon).

5) Devenez végétarien

Contrairement aux idées reçues, en mangeant que de la salade on ne se transforme pas en limace :) ! regardez un livre de recette végétarienne pour vous en convaincre, il y a quantité de plats délicieux possibles sans jamais qu’on ait à zigouiller quelque créature que ce soit. Une alimentation végétarienne variée satisfait parfaitement à tous les besoins nutritifs du corps, j’ai d’ailleurs un ami végétarien sportif de bon niveau… Donc chassons les idées reçues !

Dans tous les cas, avec le cerf, le cochon sauvage, le poisson du lagon et les fruits et légumes du marché il devrait largement y avoir de quoi se faire des repas mémorables sans avoir à importer de la viande morte congelée élevée en batterie et qui a traversé les océans…

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2 commentaires pour L’écologie au secours de l’élevage local

  1. Jérôme S dit :

    Merci pour cet article qui soulève une question de fond relative à l’un de nos comportement quotidien… manger, qui n’est pas sans impact sur notre environnement. J’aime bien la déclinaison locale des solutions qui sont proposées.
    Si les calédoniens finissent par privilégier la viande locale certains éleveurs qui initieront une production animale certifiée biologique auront surement très vite un avantage concurrentiel sur les producteurs conventionnels.
    Bonne continuation

  2. shi dit :

    Je suis un végétalien depuis plus de 4 ans et j’applique aussi à mes 2 enfants, et nous sommes en parfaites santés, les gens ont beaucoup de prétextes pour refuser le végétarisme

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