Quinze ans pour changer la Nouvelle Calédonie : s’effondrer ou s’adapter, le vrai défi. (Episode 1)

La fin du pétrole bon marché est proche, et malgré les multiples alarmes des experts sur le pic pétrolier, dont ils prévoient la survenue entre les années 2010-2012, les États ne semblent pas vouloir vraiment préparer l’après-pétrole. Début 2010, c’est l’armée américaine qui tire le signal d’alarme, suivi fin juillet par un rapport encore plus alarmiste de l’armée allemande. Quelles seraient les conséquences pour la Nouvelle Calédonie d’une crise de l’offre et la demande énergétique (style choc pétrolier), qui pourrait survenir selon ces rapports des armées, dès 2012 dans le cas le plus défavorable ?

En plus de difficultés d’approvisionnement énergétique cette crise sera aussi économique, car l’économie se nourrit en très grande partie des ressources naturelles, et en premier lieu, les énergies fossiles.

Hypothèses et prévisions, nous allons nous essayer dans une série de quelques épisodes à un exercice de prospective sur le devenir de notre caillou dans ce panorama

La prise de conscience locale existe au niveau des institutions mais elle est encore bien timide et ne se traduit pas encore par des actions concrètes.

Le schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle Calédonie 2025, préalable inscrit dans les accords de Nouméa et dont la partie diagnostic a été achevée en 2008, aborde le sujet de la dépendance énergétique sur des constats pourtant clairs mais qui n’ont au moment de leur parution soulevé aucune réaction ni des élus, ni de la population… déroutant.

Pour enfoncer le clou, l’institut de recherche pour le développement (IRD) a publié en 2009 une « Expertise collégiale – l’Energie dans le développement de la Nouvelle Calédonie ». Là aussi les constats sont évidents : il faut dresser un plan pour s’affranchir progressivement des énergies fossiles. Et les priorités sont, entre autres la maîtrise de l’énergie dans l’industrie et « Réduire les importations d’énergie fossile en visant un objectif de production d’énergie électrique utilisant des sources renouvelables »

Après ces constats où en est-on aujourd’hui ? Il y a quelques jours sur la radio RRB, on a entendu la représentante du syndicat des énergies renouvelables exprimer la « détresse » de ce secteur d’activité délaissé par les politiques publiques. Si les décisions ne sont pas prises rapidement, des entreprises (éolien notamment) vont quitter le territoire car ils ne peuvent actuellement plus investir en l’absence de cadre réglementaire pour le tarif d’achat des énergies renouvelables. Cette situation est due à l’immobilisme des politiques ces dernières années sur ce sujet, qui dressent des constats sans pour autant s’engager dans les actions nécessaires.

Début 2011 le gouvernement est sensé énoncer les grandes lignes de sa politique énergétique.

Ce sera probablement la dernière chance de prendre un tournant significatif pour débuter le sevrage progressif de la Calédonie vis-à-vis de sa dépendance au pétrole (entre autres), et pour la diminution de l’impact climatique de la Nouvelle Calédonie.

Si les actions concrètes et significatives ne sont pas engagées dès aujourd’hui, alors que l’économie se porte plutôt bien, il est peu probable que ces mesures et investissements structurants soient réalisés demain lorsque les difficultés économiques se présenteront suite à l’arrivée de la crise de l’approvisionnement énergétique.

Le choix est le suivant : ou bien le changement se réalise aujourd’hui de manière volontaire et coordonnée, où alors il surviendra demain de manière subie, brutale et sans capacité de réaction.

Mais l’ambiance est tendue, vu la résistance du milieu industriel à s’acheminer vers une transition énergétique, il faudra une bonne dose de courage politique aux élus pour que des avancées réelles soient réalisées.

Il y a tout à gagner à ce que la transition se fasse de manière progressive. Si on attend trop le territoire se retrouvera au pied du mur !

Dans un prochain article je vais essayer de d’exposer ce que pourrait être les différents scénarios possibles pour la Calédonie dans le cadre d’une transition vers l’indépendance énergétique. Restez connecté (épisode 2)

Lu dans les nouvelles calédoniennes sur des sujets proches :

Schéma de l’énergie et du climat : Mise au vert dans 4 mois

Panneaux solaire à tadine : Commentaires : avec les fonds européens c’est facile de faire du solaire, sur les îles c’est plus rentables, mais sur la grande terre c’est beaucoup plus compliqué (à cause de l’industrie minière)

Le déficit d’Enercal : Commentaires : Enercal perd 1 milliard par an, alors ils font de la résistance contre un tarif de rachat pour les énergies renouvelables qui leur ferait encore perdre de l’argent. Alors pour récupérer des sous, il faudrait que l’électricité du barrage de Yaté ne soit pas bradée à 2 francs à la SLN, mais vendue à un prix juste (sachant que la situation actuelle revient à ce que le citoyen subventionne une entreprise (semi) privée vu que nous on paye la même électricité à 36 fcfp.). Le discours du directeur d’Enercal interrogé il y a quelques temps aux infos sur TNC était de dire en somme que si les Calédoniens veulent de l’électricité d’origine renouvelable, il faudra qu’ils acceptent de payer leur électricité plus cher. Mais est-ce vraiment nécessaire ? N’y a-t-il pas d’autres solutions ? Est-ce toujours au citoyen de payer ? pas si sûr… en regardant le détail, il s’avère dans la réalité que « l’effort » est bien mal réparti et les solutions alternatives presque jamais envisagées, ce sera certainement l’objet d’un article futur si je trouve des éléments là-dessus.

A lire également sur le sujet :

article de 2008 de l’association action biosphère

Publicités
Cet article, publié dans Le pétrole j'en raffole, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Quinze ans pour changer la Nouvelle Calédonie : s’effondrer ou s’adapter, le vrai défi. (Episode 1)

  1. Ping : Quinze ans pour changer la Nouvelle Calédonie : s’effondrer ou s’adapter (Episode 2) | Ecolo du caillou

  2. Ecolagon dit :

    Hmmm
    Enercal, ce n’est pas cette boite qui s’est fait refiler une centrale charbon d’une technologie désuète par un industriel du Sud ?
    Ah c’est nous qui paye, comme d’hab… 1 milliard par ci, un milliard par là .
    Blurps

  3. C’est très intéressant cette info… de quelle technologie s’agit-il ? Pourquoi Enercal s’est-il fait avoir à ce point là ? incompétence ou mauvaise intention cachée (ou les deux) ? où peut-on trouver plus d’infos là dessus ?

  4. Ecolagon dit :

    Cette centrale commandée à l’époque par Goro Nickel présente des rejets qui ne sont pas aux normes (SO2, NOx). Ils le savaient dès le départ. La defisc accordée par l’État français à INCO (environ 500 millions d’euros) était assortie d’exigences environnementales en terme de rejets. Goro a donc probablement cherché à refiler le bébé… C’est Enercal qui a repris la centrale. Aujourd’hui il y a des désaccords entre Alstom, Endel et Enercal. Un beau bazar… Les rendements de la centrale ne sont pas terribles je crois. Mais le pire c’est que les cendres devaient être valorisées en cimenterie et que ces cendres ne sont pas conforme (trop de métaux lourds). Il faudra donc les éliminer en centre d’enfouissement ce qui va encore couter très cher…
    Bravo…

  5. Ping : Revue de presse, bad news et good news | Ecolo du caillou

  6. Ping : Quinze ans pour changer la Nouvelle Calédonie : s’effondrer ou s’adapter (Episode 3) | Ecolo du caillou

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s