Fonds Nickel : enfin on commence à se poser les bonnes questions, mais la route est longue et semée d’embuches, il faut rester très vigilant !

Lu dans les Nouvelles Calédoniennes, Deladrière est à Paris pour réfléchir à la mise en place d’un Fonds Nickel. L’idée est simple : constituer une réserve d’argent « pour les générations futures », pour qu’une partie des profits du Nickel d’aujourd’hui soient investis correctement pour que le développement territoire ne se retrouve pas en panne lorsque le nickel ne rapportera plus d’argent.

Au-delà du problème d’aujourd’hui de savoir comment alimenter le fonds, les bonnes questions à se poser sont aussi : Un fonds qui investira dans quoi ? Avec quelle sécurité des placements ? Et si la crise pétrolière survient avant 2020, le nickel se crashera tout de suite et que restera t-il des miettes de ce fonds ? Une idée intéressante à la base, mais un chemin très risqué, notamment si nos politiques se mettent à gérer la stratégie de gestion du fonds comme, (un exemple parmi d’autre ;) la caisse locale de retraite (en crise totale).

Petite revue des risques liés à un tel fond d’investissement :
Le constat de base reste clair : l’industrie du Nickel n’est absolument pas « durable » parce qu’elle n’existe que de part l’exploitation d’une ressource non renouvelable. Donc l’idée est de faire des réserves pour les temps plus difficiles où le Nickel ne sera plus un des moteurs principaux de l’économie locale.

Pour comprendre comment fonctionne un fonds fiduciaire : on fait des prélèvements sur une (ou des ressources) pour alimenter ce fonds en argent, ensuite cet argent est placé pour « qu’il fasse des petits », et on investi dans des projets avec les bénéfices ainsi réalisés.

Politique de gestion du fonds : ces fonds sont confiés à des sociétés de gestion avec une politique d’investissement. Généralement ces fonds investissent dans les marchés en action de tous horizons. Dans l’idéal, pour que cet investissement soit « éthique » il faut que cela soit spécifié dans le contrat passé avec la société de gestion, alors les investissements seront fait dans des sociétés avec des critères tenant compte de leur politique environnementale et sociale. C’est mieux, ces valeurs résistent généralement mieux aux aléas conjoncturels.

Le risque : lors de la dernière crise sur les marchés 2007-2009, un bon paquet de ces fonds sont passés dans le rouge, au lieu de gagner de l’argent, ils ont commencé à en perdre (taux de rentabilité négatifs). Ils ont chuté en même temps que les marchés.

Tableau tiré d’une étude sur les fonds fiduciaires pour la conservation.

Par conséquent si la politique de gestion du fonds Nickel n’est pas impérativement définie avec suffisamment de sécurité pour se prémunir de subir des pertes en cas de crise, ont cours à la catastrophe. L’argent amassé « pour les générations futures » se transformera en fumée.

Pourquoi penser au pire ? Sans vouloir jouer les cassandres en permanence, il faut quand même signaler toujours les mêmes faits : l’économie mondiale est droguée au pétrole et aux énergies fossiles, le jour où elles viennent à manquer, l’économie s’effondre, les marchés boursiers avec. Au niveau des délais on sait que c’est pour bientôt, la chute pourra être douce ou dure, la chute sera là, on à déjà entamé les réserves.

Comme aucune politique publique suffisamment forte n’est en place pour préparer cette transition, il y a fort à parier que les conséquences vont être énormes. Quand ? Au pire dans 5 ans, au mieux dans 20 ans. Dans tous les cas, les «investissements pour les générations futures » doivent prendre en compte cette situation. Sinon la cagnotte risque de se transformer en trou sans fonds.

Au lieu de risquer l’argent de la Nouvelle Calédonie sur les marchés boursiers, peut être qu’il faudrait investir aujourd’hui dans des infrastructures de base qui assureront le développement de la Calédonie au-delà des crises et aléas de l’économie globale : énergies renouvelables, transports « durables » (un chemin de fer jusqu’à Koné pour que l’on puisse encore se déplacer sans pétrole dans 20 ans ? ), dynamiser les infrastructures de base en milieu rural pour que l’agriculture et la brousse redevienne un jour le cœur de l’activité du territoire ? En tous cas il est préoccupant de voir les œillères de nos politiques, qui lorsqu’ils pensent à long terme, oublient complètement qu’une grande partie de l’équation du développement futur du territoire passera par une diminution drastique de notre dépendance énergétique.

Enfin, en sachant que vu leur âge, la plupart d’entre eux seront six pieds sous terre dans 20 ans, ils s’en foutent pas mal, de réfléchir à ce que sera vraiment la réalité des calédoniens à ce moment là.

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